• By Aomar Akerraz, Abdelaziz El Khayari, Laurent Callegarin
  • Last updated 04 December, 2016

Lixus – Ensemble I (Larache, Morocco)

Morocco > Larache Province > Larache


Cet Ensemble 1, bâti en moellons et renforcé aux angles par de gros blocs de pierre taillée, est l’un des plus importants du complexe industriel (fig. 1 à 3). On pénètre à l’intérieur depuis l’est par un escalier de deux marches aboutissant à une salle rectangulaire centrale au sol bétonné (4). Depuis sa partie centrale (4), plus ancienne et mieux construite, qui se composait initialement de trois grandes cuves et de trois petites (1), le bâtiment a connu plusieurs extensions avec l’ajout de trois bassins supplémentaires à l’est (2), et de huit, de dimensions variables, à l’ouest (3). Ces aménagements successifs se lisent parfaitement dans les nombreuses reprises des murs de soutien et dans l’agencement parfois approximatif des différents éléments bâtis. Les aménagements annexes (cours, magasins) ont été établis en fonction de ces adjonctions et des nouvelles orientations. Accessible depuis l’est, une cour centrale bétonnée (4) desservait chaque secteur disposant de bassins.

Au nord, deux longues salles au sol bétonné (5 et 6) divisées postérieurement, communiquaient entre elles par une large ouverture aux montants en pierre de taille, et l’une d’entre elles (6) avec la cour centrale, située au même niveau. Leur fonction devait être liée à la préparation du poisson, lequel était en partie déversé dans le grand bassin quelque peu isolé situé dans l’angle nord-ouest. À une date indéterminée (probablement dans le courant du IIIe siècle ap. J.-C.), les grands bassins centraux et orientaux semblent avoir été dans le même temps cloisonnés, multipliant par deux le nombre de cuves, tout en réduisant leur capacité volumétrique. Au plus fort de l’activité, l’Ensemble 1 comptait 23 bassins.

Dans la partie méridionale, on relève la présence de trois pièces (7, 8 et 9) largement ouvertes sur la rue, de surface identique et sans communication avec la fabrique, qui ont été identifiées à des boutiques.

Ressources marines

Aucune donnée.

Chronology

Du changement d’ère (extrême fin du Ier s. av. J.-C.-premières décennies du Ier s. ap. J.-C.) au Ve siècle ap. J.-C.

Le matériel, bien homogène, recueilli dans les deux sondages pratiqués dans la pièce centrale bétonnée (4), dans les fondations du premier bâtiment et sous le sol des boutiques, évoquerait un contexte datable du changement d’ère pour l’installation du bâtiment (Ponsich & Tarradell, 1965, p. 11 et 15), avec la présence de « céramiques campaniennes (peut-être d’imitation) dans les couches les plus profondes » (Ponsich, 1988, p. 105), mais également de fragments de sigillée arétine, de présigillée et de vases à parois fines. Discutant l’apparition du décor guilloché sur cette dernière catégorie céramique, M. Habibi propose quant à lui un début des installations seulement à partir de 40 ap. J.-C. (2007, p. 184). Nous rejetons cette objection, car les décors guillochés restent très nombreux durant toute la période de fabrication à partir de 30 av. J.-C. ; de plus, même si les décors sablés connaissent une grande vogue durant la période tibéro-claudienne, ils existent également depuis environ 25 av. J.-C. (cf. Passelac, 1993, p. 511).

Quant à la date de l’abandon des activités elle a été placée un temps au début du IVe siècle (Ponsich & Tarradell, 1965, p. 15) avant d’être reculée au début VIe ap. J.-C. (Ponsich, 1988, p. 105). Sur l’examen des matériels exhumés, N. Villaverde Vega confirme cette dernière proposition (2001, p. 435 et 454, n. 114). En effet, outre la présence de céramiques dites universelles du Haut-Empire (sigillée sud-gauloise, hispanique, sigillée africaine claire, notamment C), ce sont surtout les fragments de sigillée claire D (Hayes 78, daté 360-440 ap. J.-C. ; Hayes 91A, daté du Ve, voire du début du VIe siècle par M. Bonifay, 2004, p. 179) et de céramique africaine estampée orangée – mentionnée par M. Ponsich en 1988, p. 105 –, datable de la même époque, qui permettent d’envisager l’arrêt de l’activité au Ve, voire au début du VIe siècle.

Bibliography

  • Aranegui, C.; Rodríguez, C.G.; Rodrigo, M.J. 2007, "Datos para la gestión pesquera de Lixus (Larache, Marruecos)", In: Lagóstena, L.& Bernal, D.& Arévalo, A. (eds.). Cetariae 2005. Salsas y salazones de pescado en Occidente durante la Antigüedad. Actas del Congreso internacional (Cádiz, 7-9 de noviembre de 2005), BAR International Series, vol. 1686, Oxford. pp. 205-214.
  • Habibi, M. 2007, "Nouvelle étude chronologique du quartier industriel de Lixus", In: Lagóstena, L.& Bernal, D.& Arévalo, A. (eds.). Cetariae 2005. Salsas y salazones de pescado en Occidente durante la Antigüedad. Actas del Congreso internacional (Cádiz, 7-9 de noviembre de 2005), BAR International Series, vol. 1686, Oxford. pp. 183-189.
  • Ponsich, M.; Tarradell, M. 1965, Garum et industries antiques de salaison dans la Méditerranée occidentale. Paris. (pp. 9-37).
  • Ponsich, M. 1988, Aceite de oliva y salazones de pescado. Factores geo-económicos de la Bética y Tingitania. Madrid. (pp. 103-136).
  • Trakadas, A. 2015, Fish-salting in the Northwest Maghreb in Antiquity. A Gazetteer of Sites and Resources. Oxford.

Cetaria file citation

Aomar Akerraz, Abdelaziz El Khayari, Laurent Callegarin, «Lixus – Ensemble I (Larache, Morocco)»,  RAMPPA, Atlantic-Mediterranean Excellence Network on Ancient Fishing Heritage (http://ramppa.ddns.net/cetaria/lixus-ensemble-i), 04 December, 2016.

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